Les transporteurs bretons et leurs salariés se forment au dialogue social

Réunir en formation représentants d’employeurs et représentants de leurs salariés pour parler « dialogue social » est le défi relevé par le syndicat CFDT et deux fédérations professionnelles du transport en Bretagne.

formation dialogue social Bretagne transportsIl a fallu des mois de sensibilisation et de négociation pour qu’enfin une « charte sociale » soit signée début 2016 par la CFDT Transport Bretagne, la FNTV et la FNTR, fédérations du transport routier et de voyageurs, les institutions de protection sociale du secteur, la Région et la Direccte. Depuis, sur le volet « dialogue social » de la charte, cinq séminaires d’un jour et demi ont eu lieu, impliquant 70 personnes issues d’une vingtaine d’entreprises bretonnes volontaires. Chaque session réunit deux groupes composés l’un de représentants d’employeurs, l’autre des représentants de salariés des mêmes entreprises.

Vider son sac et ne surtout pas aborder les sujets de fond

Au cours de ces formations, les groupes ne sont pas tout de suite mélangés. Le premier jour, chacun est animé par un professionnel considéré comme légitime par les participants. Jean-Claude Nedelec, consultant et ancien président du centre de formation de la CFDT Bretagne réunit les salariés ; Simon Loiseau, directeur du centre de formation de la FNTR Bretagne anime le groupe des employeurs. « Le but est que chacun exprime sincèrement son ressenti sur les thèmes évoqués : le cadre légal, l’intérêt du dialogue social, etc. » explique le consultant, qui parle de la nécessité d’un « sas » permettant « le vidage de sac ».

Prendre conscience du rôle de chacun

Le lendemain, les deux groupes sont réunis avec pour mots d’ordre « bienveillance » et « exigence ». Il est interdit de parler des sujets de fond, plutôt de la manière de les résoudre. L’objectif est de « faire sortir les participants de leur perception institutionnelle du dialogue social, leur faire prendre conscience de l’importance du rôle de chacun ». Le séminaire terminé, chacun repart dans son entreprise avec une problématique interne à résoudre. S’il est difficile ensuite de suivre les mises en application par les entreprises participantes, la mise en place d’un questionnaire devrait permettre de dresser un premier bilan d’ici à juillet 2018.

Se concentrer sur l’humain et l’amélioration des relations sociales

« Cette session nous a aidé à professionnaliser nos échanges dans l’entreprise, à les dépassionner », commente François Herviaux, patron de Linevia, qui compte bien s’appuyer sur cette expérience pour mieux impliquer ses équipes dans les projets d’évolution de son entreprise. C’est d’ailleurs à sa demande que le binôme d’intervenants s’est déplacé dans ses locaux fin avril pour former directement managers et élus du personnel à des relations  plus constructives. « Le fait que la démarche viennent de l’employeur montre que le dialogue va dans le bon sens entre nous », estime Géraldine Marquer, déléguée du personnel, trésorière du CE, déléguée syndicale CFDT chez Linevia et nommée référente « dialogue social », sorte de médiatrice interne, dans le cadre de la charte sociale.

L’équilibre du dispositif assuré par un socle politique et un binôme d’animation

L’initiative de la charte sociale et des formations communes autour du dialogue social a été portée avec énergie et conviction par Stéphane Bourgeon, secrétaire fédéral CFDT Transports et Philippe Plantard, délégué régional de la FNTV. « Nous avons construit ce dispositif brique par brique. Aujourd’hui, chacun doit désormais s’y investir pour maintenir la dynamique » rappelle le représentant du transport de voyageurs breton. « La réussite de ces formations communes s’appuie sur un cadre clair, un socle politique commun qu’est la charte sociale et sur le binôme d’animateurs. Deux intervenants qui savent sensibiliser et développer l’empathie chez des participants aux intérêts divergents par nature » martèle à son tour le syndicaliste.

Philippine Arnal-Roux