Salariés aidants. Un enjeu RH à ne pas négliger

Vieillissement de la population oblige, les salariés qui aident un proche dépendant ou malade vont être de plus en plus nombreux. Les entreprises ne peuvent pas ignorer ce sujet dont les enjeux RH sont multiples.

En 2015, 1,3 million de personnes âgées étaient en perte d’autonomie. En 2030, elles seront 1,6 million et en 2050, 2,2 millions. Aujourd’hui, entre 8 et 11 millions de Français sont des aidants familiaux. C’est-à-dire qu’ils accompagnent quotidiennement un proche dépendant ou malade. Plus de la moitié sont des femmes (57% ), 24 % ont entre 35 et 49 ans et 37 % entre 50 et 64 ans. Surtout 61 % des aidants travaillent et parmi eux 53 % sont des salariés*. 

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Chaque employeur doit se saisir de cet enjeu humain qu’est la question des salariés aidants. Photo : Unsplash

Face à ce constat, impossible pour les employeurs de ne pas se sentir concernés et aux responsables RH de ne pas s’atteler au défi qu’il représente. Les salariés aidants peuvent en effet rencontrer beaucoup de difficultés pour concilier leur activité professionnelle et l’aide apportée à leur proche. Un quart d’entre eux consacre plus de 20 heures par semaine à leur proche dépendant en plus de leur temps de travail.

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Éviter le décrochage professionnel

Cette disponibilité nécessaire des aidants a forcément un impact sur le travail au quotidien et se traduit pour les entreprises soit par un surcroît d’absentéisme, soit par moins d’efficacité, plus de stress et de fatigue.

Les entreprises ont encore peu pris la mesure de ces difficultés pour contrer les décrochages professionnels qui peuvent en résulter. La plupart des accords d’entreprise conclus autour du sujet ont pour but de mettre en œuvre le congé de proche aidant (voir encadré ci-dessous), et de favoriser le don de jours de RTT entre salariés pour permettre aux aidants de pouvoir s’organiser.

Cependant, ce sujet doit être abordé de façon plus large et être articulé avec la politique de qualité de vie au travail ou encore avec celle de l’égalité femmes-hommes

Par exemple, certaines entreprises proposent, en plus des dispositifs d’aménagement des horaires de travail, des services d’information et de conseil pour permettre aux aidants de trouver rapidement les bons interlocuteurs et des solutions pour leurs proches dépendants ou malades (voir l’encadré plus bas), mais aussi un soutien psychologique, parfois financier ou encore des programmes de prévention santé, car très souvent les aidants familiaux négligent la leur.

Un congé de proche aidant indemnisé

La loi de finances de la Sécurité sociale pour 2020 renforce le congé de proche aidant qui permet à un salarié de s’absenter pour s’occuper d’un proche en situation de handicap ou de dépendance. Pour cela la condition d’ancienneté a été supprimée.

Ce congé est désormais indemnisé : 43 euros par jour pour un aidant vivant en couple ou 52 euros par jour pour un aidant vivant seul. Ce congé de trois mois maximum (66 jours exactement) est fractionnable sur l’ensemble de la carrière. Par ailleurs, la loi d’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015, a instauré un droit au répit pour les aidants familiaux. Ce droit permet notamment de financer l’accueil de la personne aidée dans une structure d’accueil de jour ou de nuit ou encore un hébergement temporaire, dans la limite de 500 euros par an.

 

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Reste que la difficulté pour les employeurs est aussi d’identifier les salariés aidants. Ceux-ci hésitent bien souvent à informer leur manager ou leurs collègues de crainte d’être stigmatisés, et mis à l’écart. Selon le baromètre de la fondation April, seuls 35 % des aidants interrogés ont informé leur employeur de leur situation. En effet 17 % craignent d’être bloqués dans leur évolution professionnelle, 16 % de voir leur salaire diminuer… Une discrimination explicitement interdite par la loi d’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015.

 

Des plateformes de soutien aux salariés aidants

L’une des premières difficultés des aidants lorsqu’ils accompagnent un proche dépendant ou malade est de trouver de l’information fiable sur les dispositifs d’aide à domicile, les maisons médicalisées, la prise en charge de la dépendance… Des plateformes d’information existent depuis de nombreuses années et permettent aux aidants d’échanger avec des professionnels pour trouver des solutions près de chez eux. On peut citer par exemple : Responsage.com ou encore Myprevention.fr, une plateforme de la société Siaci Saint Honoré.

Les entreprises peuvent faire appel à ces prestataires pour proposer à leurs salariés des services adaptés.

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Anne-Cécile Geoffroy
A savoir égal
Agence de digital social-RH

* source : baromètre 2019 de la Fondation April réalisé avec BVA : https://www.fondation-april.org/images/pdf/Rapport_BVA_Fondation_APRIL_Barom%C3%A8tre_des_aidants_2019.pdf